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Bulles de champ. et bilan de fin d'année

 

Un bail que je n’ai rien déposé ici. Prendre un instant entre deux bulles de champagne pour partager un petit bilan m’appelle.

 

Ce fût une année intense et apaisée à la fois. Une année pour apprendre à lâcher prise, vraiment. Indispensable lorsqu’on est parent d’une fille en situation de handicap surtout si on veut pouvoir durer.

 

Je parlais avec une amie cet été et nous débattions au sujet de féminisme. Question générale de société mais encore plus délicate lorsque la charge familiale est forte. Je lui faisais remarquer qu’elle avait félicité son homme parce qu’il avait fait une salade pour le pique-nique et lui demandais si elle pensait que lui l’aurait félicitée si elle avait fait la salade ? Elle m'a répondu que sûrement pas mais, à son avis, nous ne devrions pas arrêter de remercier et complimenter les hommes lorsqu’ils se montrent investis mais plutôt leur montrer l’exemple. Au fond, continuer à souligner les jolis gestes de l’autre est peut-être la voie ? Et pourquoi pas : arrêter de râler, remercier pour montrer l’exemple.

 

De mon côté, je crois avoir passé un cap. Lâcher prise. Presque un « gros mot » dans mon vocabulaire jusque-là. Les femmes, nous portons beaucoup, ce n’est pas un scoop. Même si nous parlons davantage de la charge mentale et de la nécessité de rétablir une forme d’égalité hommes-femmes aujourd’hui, je crois que le changement passera par nous. Attendre des hommes qu’ils réalisent qu’ils doivent porter davantage en « râlant » ou en « pointant » leurs manquements n’est peut-être pas la solution. J’opte plutôt pour une autre façon de faire. Juste ne pas porter, faire confiance et ne pas culpabiliser.

 

Par exemple, ce Noël, je n’étais pas vraiment dedans. J’ai complètement zappé de m’en inquiéter sauf pour faire les cadeaux. Pour les repas partagés, je n’ai pas porté et réfléchi à l’organisation comme à mon habitude. Un vrai changement, j’ai carrément oublié. Je me suis demandée si c’était dû à une surcharge ou si j’avais vraiment lâché prise. Je crois que j’ai lâché. Résultat : les autres, impliqués, ont commencé à s’en inquiéter : « au fait, qui fait le dessert, qui décore la table, qui fait les sauces, etc. » ? Et moi : « beuh, je ne sais pas » tout en me sentant tranquille de répondre ça. Etrange cette sensation mais fort agréable.

 

Autre exemple : ma fille doit partir en camp de ski pour la première fois en janvier. Avec son handicap, il y a un tas de choses à réfléchir, à prévoir. Fonctionner par anticipation est indispensable. Comme je ne skie pas, je ne me suis pas sentie concernée et je ne me suis pas chargée de ça. Je n’ai rien fait et j’ai laissé le papa gérer.

 

Vous savez quoi ?! Entre hommes : le prof de gym, le doyen et le papa de ma fille ont porté l’organisation et la réflexion autour de ce camp. Le papa m’a demandé mon avis sur 2-3 bricoles et hop, il va vivre ce moment avec sa fille. Il a même obtenu un congé pour proche aidant pour qu'il puisse passer la semaine avec elle sans impacter son droit aux vacances. Avancée qui mérite d'être soulignée !


J’avoue avoir eu un moment d’émotions en réalisant que je leur fais confiance. Ne pas prendre la place de la personne ressource tout le temps quel repos de l’esprit. Et si au fond le féminisme pouvait progresser grâce à cette posture : ne pas faire pour laisser de la place à l’initiative de l'autre.

 

Le bilan de l’année est donc intéressant. J’ai pu partir en voyage au Japon à Pâques sans rien organiser. J’ai pu profiter des fêtes de fin d’année sans m’épuiser. J’ai pu faire confiance à un trio d’hommes pour planifier le camp d’hiver de Nami. Tout cela sans même me culpabiliser. Un vrai changement ? Je l’espère.

 

Je me souhaite pour 2026 de continuer sur cette lancée, c’est tellement satisfaisant que j’aurais presque envie de ne plus rien faire, haha !

 

Pour clore ce chapitre et cette année, je veux dire merci. Merci au père de ma fille de prendre sa part (même la puberté qui avance à grand pas et ce n’est pas tout simple). Merci aux hommes qui s’impliquent et qui font des salades pour le pique-nique. Merci aux femmes qui s'impliquent et font des salades pour le pique-nique. Merci à nos famille de prendre un petit bout pour nous soutenir. Merci aux professionnel.le.s qui s’impliquent dans le quotidien de Nami pour que nous puissions partager la charge et avancer.

 

En route pour la suite des aventures, lumineuses fêtes de fin d’année et tous mes vœux à tous.tes !

 

Vanessa

 

 

 
 
 

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